Indonésie, été 1975
Miss Marple ferma les yeux en soupirant d'aise. Ces vacances à Kuta, que lui avaient offertes son neveu et sa nièce, étaient plus intéressantes qu'elle ne s'y attendait. La patronne du losmen était on ne peut plus charmante avec cette vieille dame qui, croyait-elle à tort, venait de Londres. Londres, cela faisait intérieurement sourire Miss Marple, qui ne quittait jamais St Mary Mead, sauf quand sa nièce et son neveu - pour faire plaisir à la vieille dame - lui payaient des vacances.
Avec un sourire indulgent, Miss Marple regarda rentrer deux jeunes filles - un peu trop légèrement habillées, à son avis - qui avaient probablement mangé un peu trop de champignons.
Ces jeunes, pensa-t-elle quand la plus blonde dévoila qu'elle était en réalité brune, ne savent plus s'amuser. De mon temps, se dit-elle, nous faisions moins de bruit, mais nous en faisions plus. Elle nota avec intérêt - tout en finissant sa tasse de thé - que l'autre jeune fille était, elle, réellement blonde. Ça lui rappelait le petit Tommy auquel aucune jeune fille n'avait pu dissimuler sa teinte naturelle.
Le Français d'en face continuait à manger ses bananes; il devait être d'un naturel légèrement inquiet, car Miss Marple l'entendait chaque soir s'enfermer dans sa chambre. Il lui rappelait le vieil Oscar Wilkes qui, sous ses dehors courtois, était le meilleur vendeur de bétail de St Mary Mead - un homme qui achetait toujours au meilleur prix, même s'il y passait la journée.
Elle croisa le regard du jeune Français, qui lui sourit poliment tout en continuant à tirer d'un air rêveur sur la cigarette qu'il venait de rouler - Mr Wilkes ne fumait jamais mais il avait la bouteille un peu facile, se remémora Miss Marple avec indulgence.
De la chambre du fond sortit un Asiatique qui se dirigea avec décision vers le Français, lui saisit le pouce et engagea avec lui une discussion animée; des bribes de la conversation arrivèrent jusqu'aux oreilles de Miss Marple - l'Asiatique regardait dans sa direction quand elle entendit les mots «peut-être espionne nord-coréenne». Miss Marple pensa avec tristesse que son français s'était bien dégradé depuis son enfance à St Trinian - pensionnat dont elle ne se rappelait jamais sans une pointe de mélancolie, et d'amusement aussi en pensant à la tête de cette malheureuse Miss Wilson. Tiens, tiens, se dit-elle, ce nouveau jeune homme qui vient de rejoindre l'Asiatique et le Français me fait justement penser à ce malheureux hippopotame...
Comme la patronne du losmen se rapprochait, elle l'interrogea discrètement :
- Savez-vous qui sont ces jeunes gens qui parlent si bruyamment ? demanda-t-elle.
- Non, répondit la patronne du losmen en lui remettant ses oreillers, mais il doit en venir d'autres, ils m'ont loué tout mon hôtel pour une semaine.
Tant mieux, se dit Miss Marple, cela mettra un peu d'animation dans le losmen. Mais elle n'en frémit pas moins quand l'hippopotame lui adressa le bonjour dans un langage bizarre qui - après coup - se révéla de l'anglais.
Le pauvre garçon brûlait manifestement de raconter quelque histoire qui lui tenait à coeur. Miss Marple avait le don d'attirer les confidences; mais ce malheureux tentait péniblement d'expliquer une histoire compliquée d'où il ressortait qu'on avait attenté à la fois à son confort et à sa dignité. Poliment, Miss Marple feignait d'écouter, tout en laissant distraitement glisser ses yeux sur le passe-montagne qu'elle tricotait à l'intention de son neveu, le romancier. Elle ne pouvait guère se permettre de lui offrir autre chose que des passe-montagne tricotés main, et songeait malicieusement qu'il s'agissait là d'une petite vengeance : car, tandis qu'elle s'obligeait à lire les romans du jeune Raymond, celui-ci se devait d'arborer à chaque cocktail mondain les passe-montagne de sa tante.
- Et cet Es buah était vraiment excellent, continuait le Français.
A ces mots, Miss Marple se tira de sa rêverie : elle aussi avait beaucoup apprécié ce plat original, et elle s'apprêtait à le dire au jeune Français, quand elle s'aperçut que les beaux yeux verts de son interlocuteur regardaient l'Asiatique de l'autre côté de la cour avec persistance. Mr Merissert - c'est ainsi qu'il s'était présenté - murmura quelques mots et repartit en se cognant à toutes les chaises.
Miss Marple se replongea dans sa rêverie; mentalement elle se composa son déjeuner : elle prendrait comme d'habitude son Godog, mais elle y ajouterait pour une fois un Es buah - c'était un tellement bon dessert, se dit-elle en finissant sa maille.
Le jour suivant, Miss Marple s'éveilla légèrement agacée : les Français (ils étaient tous Français, même l'Asiatique) avaient hurlé pendant la majeure partie de la nuit des mots bizarres qui n'entraient pas dans son vocabulaire français, il est vrai limité.
Il faudra que je pense à demander ce que veut dire «ça bidon», se dit-elle en mangeant les bananes que lui avait offertes la patronne du losmen, et qui étaient délicieuses. Ça me rappelle tout à fait ce que me raconte patron du pub de St Mary Mead quand Mr Jones, Mr Smith et le vieux Black jouent aux fléchettes.
Plongée dans ses réflexions, Miss Marple n'entendit pas s'approcher l'occupant de la chambre voisine, un jeune homme blond et bronzé dont le torse ruisselant attestait qu'il revenait de son bain matinal. Le jeune homme salua Miss Marple de la tête, et gentiment se présenta :
- Colonel Westmoreland.
- Je suis Jane Marple, fit la vieille demoiselle avec un doux sourire. Mais vous êtes colonel ? Si jeune...
- De l'Armée du Salut, avoua modestement le jeune Westmoreland.
Miss Marple sourit intérieurement, en songeant à la jeune Sharon Butterbread qui était fille de riches fermiers, ravissante, et qui n'avait pas hésité à prendre le voile pour aller soigner les lépreux en Ethiopie.
Westmoreland poursuivit aimablement :
- Vous devez être bien dépaysée sous ce climat tropical où il se passe toujours quelque chose ! Par rapport à la tranquille vie anglaise...
Miss Marple secoua doucement la tête :
- Oh ! non. Dans un simple petit village comme le mien, vous ne pouvez pas savoir ce qui peut se produire le lendemain.
«Ces vieilles demoiselles sont exquises», songea Westmoreland, «elles se satisfont de la mort d'un chat et du sermon dominical... Je me demande ce que celle-ci est venue faire à Bali.»
- La mer était bonne ? demanda Miss Marple.
- Délicieuse... répondit Westmoreland en s'ébrouant une dernière fois au-dessus du verre de Miss Marple, qui réprima un frisson. «Un peu brusque, mais les militaires...» se dit-elle en achevant son thé, comme Westmoreland repartait.
Quelques instants plus tard, une jeune femme outrageusement maquillée faisait son apparition :
- Quelqu'un a-t-il vu le colonel ? s'enquit-elle à la cantonade.
- Vous devriez voir du côté du Beach Restaurant, suggéra aimablement Miss Marple.
Sans même remercier, la jeune femme disparut. Miss Marple se remémora sans plaisir le jardinier des Bellyfull, qui ne soulevait jamais sa casquette en vous ouvrant la grille. Cependant, cette dame était Australienne, à en juger par son accent, et cela valait tout de même mieux que tous ces Français qui revenaient en hurlant du Rumah Makan Istimewa.
- Ces Pisang-Pisang(1) étaient vertes ! vociférait celui qui, la veille, avait abordé Miss Marple.
- C'est possible, mais vous m'avez marché sur le pied ! rétorquait un autre.
- Stupide garçon(2) ! reprenait le premier. Croyez-vous que je puisse vous distinguer, sans mes lunettes ? Par ailleurs, vous avez joué de la flûte toute la nuit. Ce losmen est infernal !
- Allons, intervint, conciliante, une charmante jeune fille élégamment vêtue d'un maillot de bain rouge et violet (et point trop décolleté, songea Miss Marple sans déplaisir en se souvenant de la jeune Jezabel Mashedbeans qui, bien qu'elle étudiât la médecine à Londres, n'avait jamais toléré de jupes s'arrêtant au-dessus du gras du mollet). Allons, ne vous disputez pas, la journée est splendide. N'est-ce-pas ? ajouta-t-elle en anglais, prenant Miss Marple à témoin.
Quelle délicieuse jeune fille ! se dit Jane Marple, et fort instruite. Elle parle un anglais excellent, relevé d'une pointe d'accent new-yorkais à peine vulgaire qui lui donne un grand charme.
- Mais bien sûr, dit-elle à haute voix, quel temps merveilleux !
A ces mots, de gros nuages noirs s'amassèrent dans le ciel, et un orage tropical éclata violemment.
- Doux Jésus, s'écria Mr Merissert, il pleut ! Qu'allons-nous donc faire aujourd'hui ? Notre partie de plaisir est gâchée !
- Et qu'aviez-vous l'intention de faire ? s'enquit Miss Marple.
- Nous comptions assister à une crémation à Tabanan, fit la jeune fille charmante, mais avec cette pluie, ils ne pourront jamais allumer le feu...
Miss Marple sourit, en se remémorant le célèbre barbecue organisé par la femme du pasteur, et au cours duquel il avait plu toute la journée, ce qui n'avait pas empêché la fille du pasteur de se fiancer au jeune Remington.
En définitive, tous ces jeunes Français, quoi qu'un peu bruyants, étaient bien sympathiques, et savaient s'occuper - contrairement au petit Ebenezer Crashpudding qui s'ennuyait toute la journée.
Les Français s'étaient rassemblés autour d'une table voisine du fauteuil de Miss Marple.
- A quel jeu jouez-vous ? demanda timidement Jane Marple à la jeune fille - la seule qu'elle osât aborder.
- Au jeu de Go, répondit cette dernière. C'est un jeu japonais qui se joue à deux joueurs.
- Aimeriez-vous l'apprendre ? ajouta un jeune métis café au lait, au visage grêlé et au sourire sympathique.
Miss Marple se souvint avec un humour indulgent du major Dom qui avait à toute force tenu à lui apprendre à jouer au mah-jong. Aussi répondit-elle «bien sûr» et se mit-elle à rêver avec plaisir à son neveu Raymond, pendant que le jeune métis partait dans une explication détaillée et enthousiaste.
Un silence soudain la tira de son plaisir solitaire : le jeune métis gisait à terre, la tête fracassée, et un individu - vêtu bizarrement d'un anorak au col de fourrure - tenant une planche de Go sanglante à la main (Miss Marple se souvint que cette planche s'appelait un Go-Ban) regardait Miss Marple d'un air hagard en lui disant «Mon Dieu, que s'est-il passé ?», pendant que les deux jeunes filles blondes (qui s'étaient maintenant entièrement teintes en rousses, nota avec indulgence Miss Marple) poussaient des hurlements stridents.
Cet inspecteur est décidément charmant, se dit Miss Marple, mais je crois qu'il a tort de s'obstiner à penser que Monsieur Saulières(3) est coupable de cet horrible crime.
Comme la journée avait été assez fatigante, Miss Marple n'alla pas ce soir-là au Ramayana, mais se contenta de rester discuter au losmen avec les jeunes Français.
L'un d'entre eux, à la voix suraiguë, l'entreprit sur les quasi-espaces vectoriels multifibrés tout en lui démontrant quelques figures d'une espèce de boxe française, et Miss Marple le trouva aussi intéressant que le pasteur de St Mary Mead. Mais la majeure partie de la soirée fut occupée à discuter de ce que l'on pouvait faire pour aider Monsieur Saulières.
La jeune fille du matin - qui portait, hélas, un pantalon, nota Miss Marple avec une pointe de regret - suggéra d'aller porter une pétition aux autorités (elle prétendit avoir dans sa jeunesse fait signer beaucoup de pétitions), et d'en profiter pour apporter à Monsieur Saulières deux boîtes d'un aliment reconstituant et carné.
Un jeune barbu à ses côtés, un peu gras et excité mais fort sympathique, nota Miss Marple, proposa d'envoyer une lettre à un avocat parisien (Monsieur Leclerc), mais une dispute s'éleva à ce sujet avec Mr Merissert sur un obscur point d'enveloppe à utiliser.
Un grand jeune homme bien découplé, tout en remettant les oreillers de Miss Marple et en lui servant du thé, proposa d'aller tout casser.
L'Asiatique saisit les pouces de tout le monde en expliquant que c'était une machination montée contre lui par des Nord- Coréens. Cette hypothèse ne parut point trop invraisemblable à Miss Marple : elle se rappelait en effet que cette chipie de Miss Sweetacid avait empoisonné le chat de Miss Joint pour empêcher le mariage de la fille du pasteur avec le jeune Remington. Elle interrogea subtilement l'Asiatique :
- Avez-vous quelque raison de penser cela ? demanda-t-elle.
- Oui, répondit-il, j'ai bien regardé le Go-Ban, il était très abîmé en 17 intersections qui sont justement les 17 coups préliminaires que l'on pose en Corée avant de commencer une partie de Go; ce Go-Ban n'était pas à nous, c'est un Go-Ban coréen.
A ces mots, tous les autres Français hochèrent la tête gravement, et Miss Marple (qui n'avait pas très bien compris ces explications trop techniques) en déduit avec finesse que l'Asiatique avait raison. Mais celui-ci continua :
- Une chose m'a choqué, cependant - il n'y avait en filigrane dans ce Go-Ban ni le portrait de Monsieur Kim ni celui du président Park : je pense donc que c'est un Go-Ban d'espion.
- C'est évident, crièrent en choeur tous les Français, et Miss Marple elle-même fut frappée par l'évidence.
- Je suspecte d'ailleurs fort un individu, ajouta l'Asiatique d'un air mystérieux.
- Qui ? demanda avec subtilité Miss Marple.
- Le colonel Westmoreland.
- Ça pas possible, répondit instinctivement Jane Marple, qui se rendit compte avec plaisir que son français s'améliorait.
- Alors, interrogea perfidement l'Asiatique, pourquoi faisait-il le salut au drapeau coréen dans les douches, ce matin, avant le petit déjeuner ?
Miss Marple fut extrêmement intéressée par ce renseignement, qui lui rappelait avec insistance la fois où la vieille Mrs Istimewa avait surpris le pasteur en train de lire une bulle pontificale.
Sans avoir l'air d'y attacher de l'importance, elle entreprit d'avoir plus d'informations sur ce détail troublant.
- Ce drapeau était-il nord- ou sud-coréen ? demanda-t-elle.
- Je ne sais pas, avoua l'Asiatique penaud, je n'ai pas pu voir le filigrane.
- Ça ne fait rien, lui dit avec gentillesse Miss Marple, mais en dedans elle regrettait fort le manque d'attention de l'Asiatique. A St Mary Mead, jamais la vieille Mrs Istimewa n'aurait laissé passer un détail aussi intéressant.
- Pouvez-vous me raconter précisément, ajouta avec finesse la vieille dame, dans quelles circonstances exactes vous avez remarqué ce détail surprenant ?
- C'est très simple, répondit l'Asiatique, sans se rendre compte que la vieille - et fine - demoiselle lui tirait les vers du nez : ce matin, vers sept heures, je suis allé me laver les dents; avez-vous remarqué, à ce propos, que Patrick - Mr Merissert - ne se lave jamais les dents ?
- C'est faux, hurla l'intéressé.
- Pourtant, en Angleterre...
- Oui, mais depuis Borrel m'a dit...
- Bref, coupa Miss Marple subtilement, que s'est-il passé ?
- Eh bien, reprit l'Asiatique, je fus très intrigué par le comportement de ce colonel - peut-être bidon - qui entrait furtivement dans une douche avec une trompette pour y jouer le salut au drapeau nord-coréen, à moins que ce ne soit l'hymne national sud-coréen(4).
- Tu vois, Patrick, hurla un jeune homme à l'intention de Mr Merissert, ce n'est pas moi qui jouais à la flûte la marche américaine ce matin.
- C'est possible, répondit l'hippopotame, mais c'est toi qui as écorché Wagner cette nuit !
- Pourquoi tu t'énerves ? reprit le premier.
- Et ensuite ? demanda Miss Marple, non sans une certaine gêne à exploiter la naïveté de l'Asiatique, qui racontait sans s'en rendre compte toute cette scène extrêmement fascinante.
- A ce son, reprit l'Asiatique, je regardai par la fenêtre : Mr Westmoreland était nu, au garde-à-vous, devant le drapeau.
- Quelle horreur(5), dit Miss Marple, et ensuite ?
- Le colonel est sorti par la fenêtre, ruisselant, et est revenu par la route de la plage, puis il est entré en conversation avec vous, prononça sourdement l'Asiatique.
Jane Marple se rendit compte avec un choc que l'Asiatique attendait des explications.
- Ah oui, balbutia-t-elle avec une certaine gêne, en fait il s'est seulement présenté...
Mais l'Asiatique lui avait saisi le bras :
- Ecoutez-moi, écoutez-moi, répéta-t-il, vous êtes peut-être espionne coréenne. Je connais bien soldats : soldat américain comme bête, soldat chinois pire que soldat américain, soldat russe pire que soldat chinois, donnez-moi couteau et je tue communiste...
Jane Marple trouvait cet Asiatique légèrement excité, mais fort sympathique : il lui rappelait le jeune Adolf Wasp qui présidait les réunions de la John Birch Society (branche anglaise) à St Mary Mead avec tellement de gentillesse.
Elle se rappelait encore son visage en se couchant (elle était tellement fatiguée qu'elle n'eut pas le courage de regarder sous son lit voir si quelqu'un y était caché) et l'évocation du contact de sa main la troubla violemment avant qu'elle ne s'endorme.
Le lendemain, Miss Marple s'éveilla de très bonne humeur; comme la journée était très belle, elle décida de se maquiller légèrement avec un compact de poudre de riz. Après quelques essais, elle s'estima satisfaite, mais regretta un peu que ses bronches fussent tellement fragiles que le moindre grain la fît tousser. Elle sortit donc de la chambre en priant la patronne du losmen de l'aérer, et vérifia dans une glace que son rouge à lèvres était bien mis. Puis elle se dirigea vers l'Asiatique et lui demanda sur le ton de la confidence :
- Avez-vous vu le colonel ce matin ?
A son grand plaisir, l'Asiatique lui saisit les deux mains :
- Ecoutez-moi, dit-il, je suis comme reine Victoria.
A ces mots, Miss Marple s'enfuit en pleurant; et Monsieur Saulières fut condamné à passer sa vie dans les geôles indonésiennes (alors qu'il était innocent).
(2) En français dans le texte (N.D.T.)
(3) En français dans le texte (N.D.T.)
(4) Ces airs sont identiques (N.D.T.)
(5) En français dans le texte (N.D.T.)